le langage corporel
La communication ne passe pas seulement par le langage verbal mais aussi par le langage corporel. Les gestes et les postures que l’on peut rencontrer au Japon sont quelque peu différentes de celles que l’on peut avoir en France et les comprendre et les utiliser soi-même peut s’avérer très utiles pour bien comprendre notre interlocuteur et rendre une conversation plus naturelle. Petit tour d’horizon dans cet article des gestes à connaître.
La courbette
Je ne pouvais pas commencer cet article sans parler de la courbette. C’est un sujet si important dans un pays où la politesse est primordiale qu’il mériterait presque un article à lui seul. La courbette (お辞儀 ojigi en japonais) est utilisée pour saluer quelqu’un, pour remercier et pour s’excuser. L’angle de l’inclinaison, la durée et le nombre de courbettes va dépendre de l’intensité du sentiment que l’on veut transmettre. Cela peut aller d’un simple hochement de tête (pour saluer, remercier ou montrer que ce qu’on nous dit est compris) à un agenouillement au sol (土下座 dogeza), plus rare, pour présenter ses plus plates excuses. Pour les femmes, on joindra les mains devant tandis que pour les hommes, on gardera les bras tendus le long du corps. Même si l’interlocuteur n’est pas en face, on peut voir des personnes s’incliner, comme quelqu’un au téléphone ou un vendeur qui remercie un client en s’inclinant alors que ce dernier est déjà parti et est 10 mètres plus loin.




Les gestes de la main
Les signes de la main sont nombreux et pour le coup, c’est assez différent de ceux que l’on emploie en France. Ils servent à accompagner la parole et sont donc souvent utilisés en accompagnement d’une expression ou d’une demande envers un interlocuteur. Voici les principaux gestes que l’on peut rencontrer :
- Joindre les deux mains, comme lorsqu’on prie, mettre les mains au niveau du visage en penchant légèrement la tête : cela servira pour s’excuser (ごめん gomen), pour demander quelque chose (おねがい onegai) ou lorsqu’on commence son repas, accompagné alors de la formule de politesse いただきます (itadakimasu).
- Pointer du doigt vers soi, en montrant son nez ou son torse pour se désigner. Comme on emploie rarement les pronoms personnels en japonais, il est très courant de devoir clarifier le sujet dont on parle, la chose ou la personne dont il est question au cours d’une conversation. Il n’est ni impoli non plus de pointer du doigt des objets pour les désigner.
- Faire un signe de croix avec ses bras et mains tendus pour signaler une interdiction, souvent employé avec l’expression だめ dame (interdit, pas possible)
- Former un rond avec son pouce et son index, le bras à la verticale, laisser les autres doigts levés pour exprimer son consentement (オケ oke, okay). Si le bras est à l’horizontale, cela exprimera autre chose (お金持ち okane mochi, avoir de la l’argent, être riche)
- Remuer la main positionnée de profil devant soi de gauche à droite pour exprimer son désaccord (違う chigau, tu te trompes/c’est faux)
- Remuer la main d’avant en arrière au niveau du visage, paume tournée vers le bas, coude plié et levé pour demander à quelqu’un de venir vers soi, souvent accompagnés par un des ses trois mots, voire les trois à la fois : ちょっと chotto, un instant, こっち kocchi, par ici, 来て kite, viens.
- Remuer la main d’avant en arrière, bras tendu, paume tournée vers le bas, pour indiquer à quelqu’un de s’en aller (あっち行け acchi ike, va par là, va t-en). Attention, il s’agit d’un geste fort, il faudra veiller à ne pas l’utiliser avec n’importe qui.
- Mettre sa main tendue de profil face à son visage, en inclinant la tête peut servir à s’excuser (すみません sumimasen), cela peut servir aussi à se frayer un chemin dans la foule lorsqu’on est pressé, parfois en s’inclinant plus ou mois légèrement et en fléchissant le coude de haut en bas.
- Monter et descendre les deux mains, paumes vers le bas, de façon répétée pour demander à notre interlocuteur de se calmer (落ち着いて ochitsuite, calmez-vous)
- Monter la paume d’une main ou les deux paumes à quelqu’un pour demander à un interlocuteur d’attendre un instant (ちょっと待って chotto matte, attendez un peu)
- Frapper le poing d’une main contre la paume de l’autre main (納得なっとく, nattoku) sert à montrer qu’on l’on a saisi quelque chose, qu’on a enfin compris quelque chose qu’on ne comprenait pas ou qu’on vient d’avoir une bonne idée, geste souvent accompagné par 分かりました wakarimashita (j’ai compris) ou そっか sokka (je vois !)
- Entrelacer notre auriculaire avec celui d’un interlocuteur : il s’agit de la façon dont on fait une promesse avec quelqu’un et le geste scelle cet engagement (指切り yubikiri)
Il en existe d’autres encore comme lorsqu’on vient frotter et superposer de manière répétée nos deux index pour signifier à notre interlocuteur que deux personnes sont en train de se disputer (喧嘩中けんかちゅう, kenkachû) comme pour représenter un combat au katana, ou alors lorsqu’on ouvre et ferme les doigts sur sa paume de façon répétée pour signifier à son interlocuteur qu’on pense qu’il exagère ou qu’on doute de la véracité de ses propos ou encore lorsqu’on mime le fait de manger, en formant deux baguettes avec l’index et le majeur tendus d’une main et un bol de l’autre main, légèrement arrondie, en faisant aller de haut en bas les baguettes dans le bol (cela sert le plus souvent à demander à son interlocuteur s’il a déjà mangé ou s’il ne veut pas aller manger). Si vous souhaitez vous tester, vous pouvez visionner cette vidéo.
Les gestes de politesse au quotidien
- Les femmes vont souvent mettre la main devant leur bouche quand elle rit ou lorsqu’elle mange, cela est considéré comme un geste de politesse envers son interlocuteur (peut-être soulagé de ne pas voir nos dents ?)
- Il est d’usage d’offrir et de recevoir les objets et les présents à deux mains, et ce même lorsqu’on tend de l’argent à un vendeur et que ce dernier nous rend la monnaie.
- Pour ne pas blesser les sentiments de son interlocuteur, on ne répondra pas « non » de manière franche et directe à une invitation que l’on souhaite décliner. Il est préférable de paraître gêné de la situation et de sortir un petit ちょっと chotto; en général l’interlocuteur comprend tout de suite que cela veut dire non.
- Lorsqu’on laisse passer quelqu’un avant soi ou qu’on montre le chemin à quelqu’un, on tend le bras et la main en accompagnant le geste de どうぞ dôzo (je vous en prie)
- Il est très courant de voir les jeunes (surtout de jeunes japonaises) prendre des photos en faisant le signe V avec les doigts. Il paraîtrait que cela rapetisse leur visage. Au Japon, il ne s’agit pas d’un « V » représentant le mot « victoire » mais d’un signe de paix (« peace » en anglais qui est aussi un mot permettant de sourire sur les photos). Il n’y a pas d’origine précise de cette tendance mais il semblerait que ce soit devenu très populaire dans les années 70.
















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