Les règles de tracé des kanji

L’ordre des traits des kanji, les règles

Après avoir abordé la question des clés, intéressons nous maintenant aux règles de tracé des kanji. Quelles sont les principales règles à connaître et en quoi sont-elles importantes dans l’apprentissage des kanji ?

Règles de base

Un trait horizontal se tracera de gauche à droite et un trait vertical se tracera de haut en bas. Les caractères, en général composés de plusieurs traits, se traceront donc de gauche à droite et de haut en bas.

Kanji 州 (province)
Kanji 二 (deux)
Kanji 行 (aller)
Kanji 工 (artisanat)

Les traits continus peuvent avoir plusieurs aspects. Il faut être attentif à ce type de trait car on a souvent tendance à les confondre avec 2 traits au début. Comme on ne lève pas son crayon/stylo/pinceau lorsqu’on le trace, il ne comptera que pour 1 trait.

Kanji 日 (jour, soleil)
Kanji 風 (vent)
Kanji 糸 (fil)
Ordre des traits des séquences
  • Le trait du milieu se trace en premier, avant les traits latéraux : c’est le cas pour les kanji symétriques avec une partie centrale bien définie.
Kanji 当 (viser, toucher)
Kanji 水 (eau)
Kanji 小 (petit)


Exception : la clé modifiée du cœur 心 où les deux petits traits latéraux se traceront avant le grand trait vertical au milieu d’eux.

Kanji 性 (genre, nature)
Kanji 忙 (occupé, affairé)
  • Lorsque deux traits se croisent, le trait horizontal se trace en premier.
Kanji 七 (sept)
Kanji 十 (dix)
  • Le trait sectionnant est tracé en dernier : si un trait vertical ou horizontal traverse un kanji de part en part en dépassant, il sera tracé après tous les autres.
Kanji 車 (voiture)
Kanji 事 (chose)
Kanji 中 (dans)
Kanji 母 (mère)
Kanji 女 (femme)
  • Le trait sectionnant vertical qui traverse un kanji ou une partie d’un kanji de part en part mais sans dépasser ni en haut, ni en bas, sera tracé après la partie supérieure et avant la partie inférieure.
Kanji 王 (roi)
Kanji 田 (champ, rizière)
Kanji 里 (village natal)
Kanji 重 (lourd)
  • Lorsque divers traits obliques se croisent, le trait incurvé partant du haut à droite et se terminant en bas à gauche est tracé en premier.
Kanji 父 (père)
Kanji 文 (phrase)
Kanji 人 (personne)
  • Quand un trait incurvé vers la gauche coupe un trait horizontal, il faut tracer le trait le plus court en premier. Soit le trait oblique est plus court que le trait horizontal, on le tracera alors en premier.
Kanji 右 (droite)
Kanji 有 (être, exister)


Soit le trait horizontal est plus court que le trait oblique, on le tracera alors en premier.

Kanji 友 (ami, compagnon)
Kanji 左 (gauche)
  • Kanji englobant (clé englobante, kamae) : les traits englobant d’autres éléments du kanji sont tracés en premier
Kanji 円 (yen)
Kanji 内 (intérieur)
Kanji 同 (même, identique)


Mais s’il y a un trait qui ferme le kanji (clé 31, enceinte), dans ce cas ce seul trait sera tracé en dernier.

Kanji 国 (pays, état)
Kanji 四 (quatre)
Kanji 回 (fois, occurence)


Exception avec la clé englobante 22 (boîte) où on tracera le trait horizontal supérieur, puis l’intérieur du kanji et en dernier le reste de la clé en un seul trait continu.

Kanji 区 (arrondissement, district)
Kanji 医 (médecine)
Kanji 匹 (compteur pour les petits animaux)

Il existe d’autres règles, d’autres exceptions encore mais c’est déjà amplement suffisant pour commencer !

Cas particuliers
  • Clés d’extension (nyô) : la clé 54 ennyô (déplacement) et la clé 162 shinyô (marcher) se tracent en dernier.
Kanji 道 (chemin, route)
Kanji 近 (proche)
Kanji 建 (construire)
Kanji 延 (allonger, étendre, prolonger)
  • Clés suspendues à gauche (tare) : la clé 27 (falaise), la clé 53 (abri) et la clé 104 (maladie) se tracent en premier. 広
Kanji 病 (maladie)
Kanji 反 (opposition, contraire)
Kanji 広 (grand, large, vaste)
L’intérêt de les connaître et de les appliquer

L’intérêt principal est bien sûr esthétique : en traçant correctement les kanji, les caractères seront plus beaux et il y aura également moins d’erreurs de lectures possibles. En effet certains kanji se ressemblent tout particulièrement et en se trompant ne serait-ce que sur la longueur d’un trait, cela peut donner lieu à une confusion avec un autre kanji. Par exemple le kanji de la terre 土, dont le trait supérieur est plus court que le trait inférieur, ressemble beaucoup à celui du samurai/guerrier 士 dont le trait supérieur est plus long que le trait inférieur.

L’autre intérêt est la mémorisation. Lorsqu’on apprend un kanji, on associe souvent le geste à la représentation mentale du caractère. D’ailleurs c’est très courant de voir les japonais tracer des kanji dans le vide avec leur doigts, comme s’ils écrivaient, lorsqu’ils se questionnent sur un caractère. Dans les méthodes et dictionnaires, il est toujours mentionné le nombre de traits, les connaître vous permettra de gagner du temps lorsque vous recherchez un kanji. Quand vous révisez vos caractères, je vous conseille de compter vos traits, pas nécessairement pour apprendre par cœur le nombre de traits de vos caractères mais plutôt pour rythmer le geste et l’ « automatiser ». Même si la bonne vieille méthode du recopiage de kanji qui est légion au Japon n’est pas très attirante pour nous, elle est redoutablement efficace pour inscrire le geste dans notre mémoire tout en permettant l’application des règles de tracé.

Je vous rassure, il n’est pas nécessaire de retenir toutes ces règles par cœur, certains tracés les plus simples se font de manière assez naturelle. C’est avec la pratique que le geste se fait plus assuré et que vous ne vous poserez plus forcément la question de l’ordre des traits.

Sources : jisho.org et kanji.free.fr

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