Neko no te, grammaire de japonais

Revue de « neko no te »

Neko no Te est une grammaire japonaise présentée de façon simple écrite pour consolider les connaissances grammaticales des apprenants, quel que soit leur niveau. Elle présente de nombreuses notions grammaticales, accompagnées d’exercices, afin d’atteindre un niveau d’expression assez avancé (B2).

L’introduction

Ce livre n’étant pas une méthode d’apprentissage, il n’y a pas d’explications relatives aux systèmes d’écriture et pas de rômanisation des phrases, la lecture des kana et même des kanji (au moins l’équivalent d’un JLPT 5) est donc un prérequis pour pouvoir lire sans difficultés. Neko no te est une grammaire japonaise qui peut servir de support de soutien à une méthode d’enseignement comme le Manekineko.

Structure du livre

Les chapitres ne sont pas organisés par niveau de difficulté, par exemple le keigo arrive bien avant des notions comme les spécificateurs numéraux. L’ordre des structures a été fixé dans le sommaire et tout au long du livre par ordre alphabétique : par exemple, la partie « onomatopées » précèdera la partie « particules ». Le chapitre « comment dire » fait figure de « fourre-tout » : dès le début du livre, on voit des notions n’ayant aucun lien entre elles et cela manque de clarté et de cohérence.

Le contenu

Les notions grammaticales

Concernant les termes grammaticaux utilisés, il est écrit dans la préface que Neko no te est construit comme un livre de cuisine avec des explications aussi simples et pratiques que possible sans utiliser de termes compliqués. Pourtant, dès la page 8, on nous parle de « forme déterminante » sans nous expliquer de quoi il en retourne puis, page 11, « forme conclusive » sans définir le terme (même si on en devine le sens) et enfin, page 10, de « forme perfective » plutôt que d’employer la terminologie plus communément usitée de « forme passée ». Ces termes sont réutilisés tout au long de l’ouvrage, il aurait été apprécié qu’il y ait un index définissant la nomenclature utilisée.

Il peut être difficile pour un apprenant, surtout autodidacte et potentiellement moins familier avec le lexique grammatical, d’utiliser cet ouvrage comme index grammatical puisque les notions ne sont pas répertoriées : par exemple je lis un texte japonais et je suis confrontée à une structure grammaticale inconnue, le Neko no te a bien une table des matières mais ne connaissant pas la structure, je ne peux pas savoir s’il s’agit de l’enchaînement de propositions, de l’expression de l’alternance d’actions ou d’autre chose. Certaines notions sont par contre visibles dans la table des matières (les particules, les relateurs et les structures formées sur le verbe à la forme polie et sur le verbe à la forme て), ce qui les rend plus faciles à retrouver.

Les +

  • Bien complet sur la forme suspensive et sur les différentes formes de l’impératif (avec des formes moins communément abordées dans les autres manuels), sur les adjectifs (forme suspensive, adverbialisation, etc)
  • Certaines formes similaires sont abordées dans une même partie et de manière comparative, ce qui permet de mieux les différencier (le conditionnel, la différence entre la forme Vてから et Vたあと qui signifient toutes deux “après V”)
  • Certaines expressions sont parfois décomposées afin de mieux les comprendre et de ne pas les apprendre comme expressions figées (Vなければなりません ou Vてもいいです), on précise certains phénomènes linguistiques (le ら qui tombe dans les verbes ichidan à la forme potentielle) et certaines notions peu abordées dans d’autres manuels (こそ, さえ, うち, とたん, etc)
  • Les bilans à la fin du livre proposent des exercices plus variés et intéressants que les exercices de phrases de thème et les corrigés des traductions sont parfois commentés pour justifier le choix de certains mots à d’autres et pour éviter aux apprenants les écueils d’une traduction trop littérale du français au japonais.
  • Neko no te aborde des notions avancées (vers le B2, niveau intermédiaire/avancé) comme le keigo (langage de politesse) ou le factitif, ce qui peut la distinguer d’autres méthodes et grammaires.
  • Son prix très doux (moins de 15€), rien comparé au manuel de japonais de Kuwae Kunio par exemple qui est tout de même vendu au prix neuf de 76€ !

Les – 

  • Termes utilisés parfois trop désuets ou littéraires et les termes rencontrés dans la langue orale ne sont pas souvent mentionnés : では à la place de じゃ, なければ sans préciser les formes utilisées à l’oral なきゃ et なくちゃ
  • Trop de concision sur le keigo (on ne sait pas quand et pourquoi l’utiliser, la différence claire entre langage honorifique et langage de modestie), sur le factitif passif, sur certaines formes comme Vてしまう et Vてくる, sur le relateur とき (où il n’est pas question de forme temporelle différente dans la subordonnée et dans la principale) ou encore sur les verbes de don (il n’est pas clairement précisé la différence entre les verbes あげる et くれる, tous deux traduits en français par « donner »)
  • Il manque de grammaire comparative sur certaines formes grammaticales similaires : différence entre なければなりません et なければいけません, entre les expressions de l’intention et de la volonté (Vたいと思う, Vつもりです et V base volontéと思う) ou encore des précisions quant à la forme potentielle et la forme passive qui rendent les verbes ichidan identiques.
  • Trop incomplet : certaines notions ne sont pas abordées (mots interrogatifs avec les particules, les verbes transitifs et intransitifs) et certaines notions sont abordées de manière incomplète, sans leur forme négative notamment : Vないほうがいいです n’est pas mentionné alors que Vたほうがいいです l’est (expression de la recommandation), Vなくても n’est pas mentionné alors que ても l’est (« même si tu fais ou ne fais pas»), Vなくてもいい n’est pas mentionné alors que Vてもいいです l’est (expression de la permission et de l’absence d’obligation), Vことになる n’est pas mentionné alors que Vことにする l’est (expression de la décision), le verbe すぎる n’est pas abordé avec les adjectifs et だけ ne l’est pas avec しか (« seulement/que ») et la partie sur les particules manque un peu d’exhaustivité (certaines fonctions ne sont pas abordées et les particules finales ne sont même pas présentes).

Les exercices

Les exercices compris dans le corps des chapitres ne sont que des exercices de traduction, de thème plus précisément (traduction d’une phrase en français vers le japonais). Ces exercices sont limités dans le sens où certaines expressions japonaises sont intraduisibles en français (et ne transparaissent donc pas dans les phrases en version française) et parce que la langue japonaise est très contextuelle, or le contexte ne nous est pas précisé (qui s’adresse à qui, quel rapport entretient locuteur et interlocuteur, etc). De plus, ils peuvent paraitre trop difficiles pour un apprenant débutant puisque dès les premières phrases, il nous est demandé de traduire des structures abordées plus tard dans le livre. Il vaut donc mieux avoir appris toutes les notions grammaticales abordées dans l’ouvrage avant de faire les exercices de traduction.

La numérotation des phrases à traduire permet de s’y retrouver très facilement dans les corrigés en fin de livre et à vrai dire, heureusement car il n’y a pas moins de 542 phrases à traduire ! Le vocabulaire nécessaire aux exercices de traduction n’est pas mentionné dans le corps des chapitres mais dans le lexique français-japonais à la fin du livre qui comprend 2500 entrées. On peut regretter qu’il n’y ait pas de lexique japonais-français pour retrouver soi-même la traduction des mots constituant les phrases d’exemples, même si ces dernières sont bien traduites en français.

On peut regretter aussi qu’il y ait parfois plus de phrases à traduire que de phrases d’exemples illustrant la notion grammaticale étudiée.

Aspect esthétique, mise en page

Le livre n’est pas illustré de dessins, les notions grammaticales se succèdent sans espaces entre elles, cela peut être rebutant au premier abord et contribuer à la réputation rébarbative de la grammaire comme mentionné en quatrième de couverture. Mais les explications étant concises, on passe rapidement d’une notion à une autre (cela peut aussi donner le sentiment de passer du coq à l’âne…).

Les furigana ne sont pas toujours annotés, ils le sont parfois sur des kanji relativement simples et d’autres fois, ils ne sont pas présents sur des kanji pourtant plus avancés (par exemple 外 va être annoté de sa prononciation et quelques pages plus tard, on trouvera 降 qui ne sera pas annoté alors qu’il s’agit d’un kanji plus complexe). Il faudra donc avoir de solides connaissances en lecture de kanji ou alors avoir un bon dictionnaire permettant de retrouver facilement et rapidement les kanji inconnus.

Avis global

Même s’il est indiqué en préface que l’ouvrage ne se veut en rien exhaustif, on peut regretter que certaines notions ne soient abordées que superficiellement, voire pas abordées du tout alors que ces dernières sont très usitées et ce alors même que d’autres notions moins usuelles sont plus approfondies. Neko no te devra donc être complété et précisé par des explications d’un professeur ou, pour un apprenant autodidacte, par une grammaire plus complète. Sa mise en page et la concision de ses explications font qu’il est préférable de ne pas lire ce livre du début à la fin mais plutôt de le consulter de temps à autre lorsqu’on veut réviser telle ou telle forme grammaticale. Il paraît difficile de s’en servir comme aide à la lecture d’un texte puisque le livre ne propose pas d’index des notions grammaticales. Il peut par contre s’avérer utile dans le cas de révisions, d’autant plus par la présence de ses nombreux exercices.

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