Ohanashi, lecture bilingue

Revue de « O hanashi, 5 contes populaires japonais »

L’auteure Yoshimi Katahira nous raconte dans cet ouvrage les histoires de son enfance. Autrice, dessinatrice et illustratrice, elle signe ce premier ouvrage en 2021 après y avoir consacré une exposition 9 ans plus tôt.

Particulièrement attachée aux contes de son enfance, l’auteure nous propose dans ce recueil d’en découvrir 5 (le conte de la grue, Hoitchi le joueur de biwa, la montagne katchi-katchi, Taro Urashima et Yamamba et les trois amulettes), des contes qui inspirent encore aujourd’hui grandement la littérature, les anime, les manga, les jeux, les films japonais, etc. Pour vous le prouver, prenons le studio d’animation Ghibli : Pompoko c’est le conte de la montagne katchi-katchi et le personnage de Yubaba dans Le voyage de Chihiro est grandement inspiré de la sorcière Yamamba !

L’auteure n’en a pas fait des planches de manga classiques avec des dialogues mais a créé des dessins indépendants pour illustrer chaque moment de l’histoire. Des dessins qui occupent la majeure partie de la mise en page, ce qui permet de mettre en valeur le travail de l’artiste. Les techniques utilisées (encre de Chine, marqueur noir et gouache blanche qui créent des contrastes marqués), la mise en scène des personnages (grands aplats noirs qui pour dessiner des ombres, les expressions de terreur saisissantes des personnages, etc) nous plongent dans des univers sombres et inquiétants. Comme pour les contes des frères Grimm, l’histoire ne finit pas toujours complétement bien : Hoitchi, le joueur de biwa, est un conte horrifique (kaidan) et le personnage finit sourd. Le conte de la montagne katchi-katchi existe en version plus « légère » mais l’auteure a choisi d’en raconter l’une des version les plus cruelles mais aussi l’une des plus proche de la version originale où les personnages malveillants sont particulièrement cruels (le tanuki de la montagne Katchi katchi tue la grand-mère et en fait une soupe qu’il fait manger au grand-père), et où même les personnages bienveillants ont une certaine ambivalence (le shiro-usagi de la montagne katchi-katchi, après avoir essayé de brûler le tanuki, le regarde se noyer et périr sans l’aider).

Avant chaque conte, il y a un texte avec des commentaires de l’auteure sur le conte qui nous apporte des explications quant au lexique, quant au choix des techniques picturales utilisées ou quant à l’origine du conte et ses réadaptations. Sont expliqués également certains éléments culturels : la symbolique et les questions morales en lien avec les vertus traditionnelles de la société japonaise (le sens du sacrifice, l’importance de respecter une promesse, etc).

Concernant les textes maintenant, il faudra bien prendre en compte qu’il ne s’agit pas d’une méthode et donc aucun kanji n’est annoté de furigana. Les textes sont en forme polie ou en forme neutre, les tournures de phrase sont plus descriptives que littéraires et il n’y a pas de japonais ancien, ce qui facilite la compréhension. La traduction en français est un texte adapté ; il ne reprend pas mot à mot le texte en version originale, on ne peut donc pas toujours s’aider de la version française pour comprendre la version japonaise en superposant les deux textes. Je conseille donc leur lecture à des apprenants intermédiaire avancé (minimum B1) ayant déjà une bonne maitrise de la grammaire et un large vocabulaire. Mais rien que pour la qualité des dessins, le prix très raisonnable (14€) et pour découvrir les contes japonais, même si vous ne comprenez pas les textes en version originale, je vous recommande chaudement cet ouvrage !

Disponible aux éditions Akinome ici

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